Ce mouvement a été initié en 1984 par R. Stallman, anciennement du MIT, qui n'accepte pas que le logiciel soit considéré comme un produit de connaissance dont on ne partagerait pas, justement, toutes les connaissances (en particulier le code lui-même). Il y a derrière la lutte de Stallman toute la philosophie des premiers succès d'Internet dans les universités: un espace commun de partage et d'échange pour l'avancement des connaissances à la plus grande échelle. Un véritable espace de démocratisation de la connaissance. La plus belle initiative de Linus Torvalds, le créateur du noyau qu'on appelle aujourd'hui Linux (Linus/Unix) n'est peut-être pas d'abord - encore que cela soit déjà fort louable - d'avoir porté le noyau du système Unix (un système d'exploitation fort apprécié des universitaires et qui tournaient sur des ordinateurs très puissants) sur une architecture d'ordinateur personnel, mais d'avoir lancé les sources de son travail sur Internet avec une licence de logiciel libre. Il appelait la communauté scientifique internationale à relever un défi de taille: offrir gratuitement (ou à très faible coût) un système complet de logiciels pour tous. Il lançait du même souffle une solide compétition à Microsoft et à Apple. C'était en 1991. On compte aujourd'hui des milliers de logiciels construits pour tourner sur une plate-forme GNU/Linux. Des milliers d'outils forgés par une communauté qui croit aux vertus du travail communautaire.